Carnet de courses

"La passion de la montagne, chez un homme, c'est d'abord son enfance en lui qui ne veut pas mourir" François Mauriac

03 mai 2009

La soupe aux cailloux

La soupe aux cailloux - Aiguille de la Tour - Saoû

Remplit d'une multitudes de jours fériés, dont on ne connaît parfois même plus (pas ?) l'origine, le mois de mai permet à bon nombre de français d'aller tester sa voiture climatisée sur les ponts et viaducs bitumés et surchargés de bouchons... Mais moi, cette année on m'aura pas ! Je prendrai la mobylette au top case et pouf les bouchons ! Non mais...
Ainsi, sac plein d'âneries utile qu'a la grimpe, je file à jeun à Saoû. Car là bas, j'ai un rendez-vous... Mais pour l'heure, je vous rappel qu'il n'est encore que samedi soir, je dois me loger. Demandant l'avis à personne, clandestinité oblige, je m'exile au pied de la Poupoune, tranquille pilastre de calcaire qui domine modestement le petit village précédemment cité. Là, bercé par un vent en furie, je me laisse accompagner par une belle demi-lune vers un sommeil que seule l'excitation put attraper... Puis après une longue longue longue nuit, l'heure du rendez-vous s'annonce. Mais attention pas trop tôt ! Nous sommes dans le sud. A 9h30 donc, tandis que le soleil pointe déjà ses chauds rayons sur les vielles pierres patinées des non moins vielles façades également patinées, les gens visiblement pas rassasiés de ce doux sommeil, patinent encore quelques instants leurs couettes douillettes. Faut dire qu'il est encore un peu tôt, c'est le sud... Y prêtant tout de même un peu d'attention, je m'approche de mon lieu de rendez-vous puis, peut-être par crainte d'un lapin matinal, je me plonge dans un bouquin fort utile pour mes activités favorites et qui s'intitule: Guide pour se perdre en montagne. Prometteur ! Puis soudain, à peine imprégné dudit bouquin rouge, une discrète voiture jaune s'avance sur le parking et se gare à proximité de ma mobylette. Tiens, la poste ici ?... Mélange des genres sans aucun doute ! Son charmant, pardon, sa charmante pilote, Rachel, en sort tranquillement et me lance avec son accent chatoyant du sud un audible salut amical ! Nous échangeons quelques banalités d'usages, histoire de, puis étalons notre matériel fraîchement descendu de sur ma selle... Brutalement, la jeune factrice me lance: on fait la soupe au caillou ? Tout surpris, je lui rétorque: la quoi ? A cette heure ? Aussitôt ces mots vibrants dans l'air drômois provoquent un oups puis un pinèze dans mon cerveau visiblement trop ventilé la veille. Aussitôt donc, je me rattrape au caillou en chargeant sur mon vaillant dos, le bout de corde et les paires nécessaires à notre entreprise dominicale puis je monte vers le pied de l'Aiguille de la Tour, lieu de notre grimpette... N'ayant évidement pas de topo, nous nous fions sans grand risque à l'indication inscrite au pied de la voie: la soupe aux cailloux. Galanterie ou non, Rachel débute. J'entends par cela, évidence trompeuse, qu'elle file la première vers des lieux plus élevés. Je ne pus que la suivre... Ainsi, de longueur en longueur, de prise en prise, la voie fut ! Tout comme l'heure du retour. Une fois encore. Nous réussissons à la faire attendre encore un peu, moyennant quelques bières trop rapidement ingurgitées sur la terrasse du bien nommé: l'oiseau sur sa branche. Juste histoire de quitter Saoû... saoul.

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Rachel dans L1-5c

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Rachel termine L2-5c

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L3-6a

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Bert dans L4-6b

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Triste sort que celui d'un second enchaîné...
L6-6c

Posté par bertrandS à 20:54 - Escalade - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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